1 Historique

Dès le 16ème siècle les archives témoignent de la création d’une propriété d’estive appartenant à de riches éleveurs de l’Aubrac qui souhaitaient développer la culture de la vigne dans la vallée.

A l’époque des guerres de religion locales entre calvinistes et protestants , de nombreuses bandes ravageaient et dévastaient la montagne enlevant les bêtes et rançonnaient les éleveurs les poussant à fuir vers les vallées plus protectrices. La vigne qui se répand petit à petit en étage sur les collines entre Espalion et Estaing offrent alors une nouvelle activité pour les fuyants.

Des traces notariées sont retrouvées dès 1733 où un certain Etienne Frayssinous du « Puech de Curières » vend sa vigne à Antoine Durand de la Ponsarderie et la maison à Pierre Raffy, il y avait alors 25 habitants sur le lieu dit qui dépendait alors de la seigneurie d’Authun pour « pertes et redevances ».

De l’activité de négoce et de troc également en 1823 où « Hyacinthe Vidal donne bail à Antoine Lavaur pour la vigne du Causse et de la Fabrègues et sa maison en échange  chaque année de 6 chars de fumier aux vignes et une demi barrique de vin de pressoir  »  !!!

Au cours des siècles le Manoir a subi de nombreuses transformations et des agrandissements. A côté de la maison primitive avec son immense « cantou » où se trouvait encore la cuisine il y a à peine 30 ans, une maison noble a été aménagée en 1822 pour satisfaire à la nouvelle fortune de son propriétaire gratifié d’un droit de forge qui complétait sont activité viticole.

Le mot « faber » dans le latin classique désignait un charpentier mais il fut ensuite appliqué à d’autres catégories d’artisans. Au temps du Bas Empire, cette extension de sens pris fin et depuis faber s’entend plus spécialement de l’ouvrier travaillant le fer et son dérivé « fabrègues » d’une forge.

Prépondérante au 19ème siècle dans la vallée, la viticulture en plein essor permet l’agrandissement de la propriété par une grande bâtisse composée d’un pressoir original disparu depuis et d’une grande cave à vin voutée. Le pigeonnier et le four à forge sont toujours visibles à l’extérieur ainsi que les écuries et l’ancienne ferme attenante.

C’est en 1955 que la dernière vendange et réalisée au Manoir, la plupart du vignoble en terrasse juste au dessus est décimé par une attaque de phylloxera , le viticulteur décide alors de tout vendre.

Plusieurs fois résidence de plaisance ensuite, le Manoir s’offre dans les années 90 une première rénovation en vue de le transformer en hôtel restaurant de qualité, en vain. Abandonné par la suite , il est redécouvert par ses actuels propriétaires qui lui redonnent vie en respectant autant que possible les éléments anciens tels que cheminées, plafonds, poutres, murs de pierre à vif… avec à la fois les mêmes méthodes d’autrefois ( mortier de chaux , lauzes…) mais également les techniques et matériaux modernes pour assurer le confort des chambres selon les normes d’aujourd’hui.

Une adresse insolite en Aveyron.

Légendes
Première image : Arrivée par l’ancienne route, les écuries  sont à  droite , la forge à gauche.
Seconde image :  La propriété vue du Lot vers 1900.